Benedetto XVI ha ricevuto nella mattina di sabato 27 novembre, alle ore 11, in solenne udienza, Sua Eccellenza il signor Hidekazu Yamaguchi, nuovo Ambasciatore del Giappone presso la Santa Sede, il quale ha presentato le Lettere con le quali viene accreditato nell'alto ufficio. Rilevato alla sua residenza da un Gentiluomo di Sua Santità e da un Addetto di Anticamera, il diplomatico è giunto alle 10.45 al Cortile di San Damaso, nel Palazzo Apostolico Vaticano, ove un reparto della Guardia Svizzera
Pontificia rendeva gli onori. Al ripiano degli ascensori, era ricevuto da un Gentiluomo di Sua Santità e subito dopo saliva alla seconda Loggia, dove si trovavano ad attenderlo gli Addetti di Anticamera e i Sediari. Dalla seconda Loggia il corteo si dirigeva alla Sala Clementina, dove l'Ambasciatore veniva ricevuto dal prefetto della Casa Pontificia, l'arcivescovo James Michael Harvey, il quale lo introduceva alla presenza del Pontefice nella Biblioteca privata. Dopo la presentazione delle Credenziali da parte del Diplomatico avevano luogo lo scambio dei discorsi e, quindi, il colloquio privato. Dopo l'udienza, nella Sala Clementina l'Ambasciatore prendeva congedo dal prefetto della Casa Pontificia e si recava a far visita al cardinale Tarcisio Bertone, segretario di Stato. Al termine del colloquio il Diplomatico si congedava dai dignitari che lo avevano accompagnato e faceva ritorno alla sua residenza. Questo è il testo del discorso del Papa.
Excellence,
Je suis heureux de vous accueillir et d'accepter les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Japon près le Saint-Siège. Je vous suis reconnaissant des courtoises salutations que vous m'avez adressées de la part de Sa Majesté l'Empereur. En retour, je vous prie de bien vouloir lui transmettre mes voeux cordiaux et l'assurance de ma prière pour sa santé et celle des membres de la Famille impériale. Je suis heureux aussi de saluer le Gouvernement et tout le peuple du Japon. Le Saint-Siège se félicite des excellentes relations qu'il a toujours entretenues avec votre pays depuis de leur établissement, il y a presque soixante ans. Elles ont constamment été marquées par la cordialité et la compréhension mutuelle. A travers les bons offices de Votre Excellence, je voudrais assurer Sa Majesté Impériale ainsi que le Gouvernement de l'engagement du Saint-Siège à poursuivre et renforcer ces relations.
Depuis son entrée dans l'organisation des Nations-Unies, le Japon a été un acteur important, sur la scène régionale et internationale et a contribué de manière significative à l'expansion de la paix, de la démocratie et des droits de l'homme en Extrême-Orient et bien au-delà, en particulier dans les pays du monde en voie de développement. Le Saint-Siège, par l'intermédiaire de ses missions diplomatiques présentes dans ces Etats, a noté avec satisfaction le financement accordé par votre pays pour le développement ainsi que d'autres formes d'assistance. Les répercussions sur les bénéficiaires sont immédiates, c'est vrai, mais c'est certainement là une pierre de fondation essentielle pour l'instauration d'une paix solide et de la prospérité dans le concert des nations du monde. En travaillant ainsi à l'édification de l'unité de la famille humaine, par la coopération internationale, vous aiderez à construire une économie mondiale où chacun occupera la place qui lui est due et pourra profiter, comme jamais auparavant, des ressources mondiales. Permettez-moi d'encourager votre Gouvernement à continuer sa politique de coopération au développement, en particulier dans les domaines qui touchent les plus pauvres et les plus faibles.
Cette année marque le soixante-cinquième anniversaire du tragique bombardement atomique sur les populations de Hiroshima et de Nagasaki. Le souvenir de ce sombre épisode de l'histoire de l'humanité devient chaque année plus poignant, au fur et à mesure que disparaissent ceux qui ont été témoins d'une telle horreur. Cette tragédie nous rappelle avec insistance combien il est nécessaire de persévérer dans les efforts en faveur de la non-prolifération des armes nucléaires et pour le désarmement. L'arme nucléaire reste une source de préoccupation majeure. Sa possession et le risque de son éventuel usage soulèvent des tensions et une méfiance dans un bon nombre de régions du monde. Votre nation, Monsieur l'Ambassadeur, doit être citée en exemple pour son soutien constant à la recherche de solutions politiques qui permettent non seulement d'empêcher la prolifération d'armes nucléaires mais aussi d'éviter que la guerre ne soit considérée comme un moyen de résolution des conflits entre les nations et entre les peuples.
Tout en partageant avec le Japon ce souci d'un monde sans armes nucléaires, le Saint-Siège encourage toutes les nations à tisser patiemment les liens économiques et politiques de la paix qui s'élèvent, comme un rempart contre tout prétexte de recours aux armes et qui permettent de promouvoir le développement humain intégral de tous les peuples (cf. Audience générale, le 5 mai 2010). Une part des sommes allouées aux armes pourrait être réaffectée à des projets de développement économique et social, d'éducation et de santé. Cela contribuerait sans aucun doute à la stabilité intérieure des pays et à celle entre les peuples (cf. Caritas in veritate, 29). Or, en ces temps d'instabilité des marchés et de l'emploi, la nécessité de trouver des financements sûrs de développement demeure une préoccupation constante.
Les difficultés liées à la récession économique mondiale actuelle n'ont épargné aucun pays. Malgré cela, la place du Japon dans l'économie internationale reste très importante et, en raison de la mondialisation croissante du système commercial et des mouvements de capitaux, qui est une réalité, les décisions prises par votre Gouvernement continueront d'avoir un impact bien au-delà de vos frontières. Puissent tous les peuples de bonne volonté voir dans la crise économique mondiale actuelle une "occasion de discernement [qui] met en capacité d'élaborer de nouveaux projets" (Caritas in veritate, 21), projets marqués par la charité dans la vérité, par la solidarité et par un engagement en faveur d'une sphère économique orientée de façon éthique (ibid, 36).
Votre pays, Excellence, jouit de la liberté de conscience et de la liberté de culte depuis de nombreuses années, et l'Eglise Catholique au Japon a ainsi la possibilité de vivre en paix et dans la fraternité avec chacun. Ses membres sont libres non seulement de s'engager dans la culture et la société japonaises, mais de jouer un rôle vivant et actif dans le Japon contemporain, en particulier à travers ses universités, ses écoles, ses hôpitaux et ses institutions caritatives, qu'elle met bien volontiers au service de toute la communauté. Dernièrement, ces institutions ont été heureuses de répondre également aux besoins des populations migrantes venues au Japon, et dont la situation requiert certainement une prudente attention et une aide effective de la part de toute la société.
Plus encore, je souligne que les membres de l'Eglise catholique au Japon sont engagés depuis longtemps dans un dialogue ouvert et respectueux avec les autres religions, spécialement celles qui plongent leurs racines dans votre nation. L'Eglise a toujours promu le respect de la personne humaine dans son intégrité et dans sa dimension spirituelle, comme un élément essentiel commun à toutes les cultures qui s'exprime dans la recherche personnelle du sacré et dans la pratique religieuse. "Dieu est le garant du véritable développement de l'homme, dans la mesure où, l'ayant créé à son image, il en fonde aussi la dignité transcendante et alimente en lui la soif d'"être plus"" (ibid, 29). Je voudrais assurer le peuple japonais de la haute considération en laquelle l'Eglise catholique porte le dialogue interreligieux, l'engageant fermement afin d'encourager la confiance mutuelle, la compréhension et l'amitié, dans l'intérêt de la famille humaine tout entière.
Enfin, Monsieur l'Ambassadeur, permettez-moi de vous offrir mes voeux les meilleurs accompagnés de ma prière pour le succès de votre mission, et de vous assurer que les différents bureaux de la Curie Romaine sont prêts à vous aider dans l'exercice de vos fonctions. Sur Votre Excellence, sur votre famille et sur le noble peuple du Japon, j'invoque cordialement d'abondantes bénédictions de Dieu.
Questa è la traduzione del discorso del Papa all'ambasciatore del Giappone
Eccellenza.
Sono lieto di accoglierla e di accettare le Lettere che l'accreditano come Ambasciatore Straordinario e Plenipotenziario del Giappone presso la Santa Sede. Le sono grato per i gentili saluti che mi ha rivolto da parte di Sua Maestà l'Imperatore. In cambio, la prego di trasmettergli i miei voti cordiali e la sicurezza della mia preghiera per la sua salute e quella dei membri della Famiglia imperiale. Sono anche lieto di salutare il Governo e tutto il popolo del Giappone. La Santa Sede si rallegra delle eccellenti relazioni che sono sempre esistite con il suo Paese fin da quanto sono state instaurate, circa sessant'anni fa. Esse sono state costantemente caratterizzate dalla cordialità e dalla comprensione reciproca. Attraverso di lei, Eccellenza, vorrei assicurare Sua Maestà l'Imperatore, come pure il Governo, dell'impegno della Santa Sede a continuare a rafforzare tali relazioni.
Dal suo ingresso nell'Organizzazione delle Nazioni Unite, il Giappone è stato un attore importante sulla scena regionale e internazionale e ha contribuito in modo significativo all'espansione della pace, della democrazia e dei diritti dell'uomo in estremo Oriente e anche oltre, in particolare nei Paesi del mondo in via di sviluppo. La Santa Sede, per mezzo delle sue missioni diplomatiche presenti in questi Stati, ha notato con soddisfazione il finanziamento stanziato dal suo Paese per lo sviluppo e anche per altre forme di assistenza. Le ripercussioni sui beneficiari sono immediate, è vero, ma è anche certamente una pietra d'angolo essenziale per l'instaurazione di una pace solida e della prosperità nel concerto delle nazioni del mondo.
Adoperandosi così per l'edificazione dell'unità della famiglia umana, attraverso la cooperazione internazionale, contribuirete a costruire un'economia mondiale in cui ognuno occuperà il posto che gli è dovuto e potrà usufruire, come mai prima, delle risorse mondiali. Mi permetta di incoraggiare il suo Governo a continuare la sua politica di cooperazione allo sviluppo, in particolare negli ambiti che riguardano i più poveri e i più deboli.
Quest'anno si compie il sessantacinquesimo anniversario del tragico bombardamento atomico sulle popolazioni di Hiroshima e di Nagasaki. Il ricordo di questo oscuro episodio della storia dell'umanità diviene sempre più doloroso, man mano che scompaiono quanti sono stati testimoni di un simile orrore. Questa tragedia ci ricorda con insistenza quanto sia necessario perseverare negli sforzi a favore della non-proliferazione delle armi nucleari e del disarmo. L'arma nucleare resta una fonte di grande preoccupazione. Il suo possesso e il rischio di un suo eventuale uso generano tensioni e diffidenza in numerose regioni del mondo. La sua nazione, Signor Ambasciatore, deve essere citata come esempio per il sostegno costante alla ricerca di soluzioni politiche che permettano non solo di impedire la proliferazione delle armi nucleari, ma anche di evitare che la guerra venga considerata come un mezzo per risolvere i conflitti fra le nazioni e fra i popoli.
Condividendo con il Giappone questa preoccupazione di creare un mondo senza armi nucleari, la Santa Sede incoraggia tutte le nazioni a instaurare pazientemente i vincoli economici e politici della pace affinché s'innalzino come una roccaforte contro ogni pretesa di ricorso alle armi e permettano di promuovere lo sviluppo umano integrale di tutti i popoli (cfr. Udienza generale, 5 maggio 2010). Una parte delle somme stanziate per le armi potrebbe essere destinata a progetti di sviluppo economico e sociale, all'educazione e alla sanità. Ciò contribuirebbe senza alcun dubbio alla stabilità interna dei Paesi e a quella fra i popoli (cfr. Caritas in veritate, n. 29). In questi tempi d'instabilità dei mercati e dell'impiego, la necessità di trovare finanziamenti sicuri per lo sviluppo è infatti una preoccupazione costante.
Le difficoltà legate alla recessione economica mondiale attuale non hanno risparmiato nessun Paese. Ciononostante, il posto che il Giappone occupa nell'economia internazionale resta molto importante e, a motivo della crescente globalizzazione del sistema commerciale e dei movimenti di capitali, che è una realtà, le decisioni prese dal suo Governo continueranno ad aver ripercussioni ben al di là delle sue frontiere. Possano tutti i popoli di buona volontà vedere nella crisi economica mondiale attuale una "occasione di discernimento e di nuova progettualità". (Caritas in veritate, n. 21), progettualità segnata dalla carità nella verità, dalla solidarietà e da un impegno a favore di una sfera economica orientata in maniera etica (cfr. ibidem, n. 36).
Il suo Paese, Eccellenza, gode da molti anni della libertà di coscienza e della libertà di culto, e la Chiesa cattolica in Giappone ha così la possibilità di vivere in pace e nella fratellanza con tutti. I suoi membri sono liberi non solo d'impegnarsi nella cultura e nella società giapponesi, ma anche di svolgere un ruolo vivo e attivo nel Giappone contemporaneo, in particolare attraverso le sue università, le sue scuole, i suoi ospedali e le sue istituzioni caritative, che essa mette volentieri al servizio di tutta la comunità. Ultimamente, queste istituzioni sono state liete di rispondere anche ai bisogni delle popolazioni migranti venute in Giappone, la cui situazione richiede certamente una prudente attenzione e un aiuto effettivo da parte di tutta la società.
Inoltre, sottolineo che i membri della Chiesa cattolica in Giappone sono impegnati da lungo tempo in un dialogo aperto e rispettoso con le altre religioni, specialmente quelle che affondano le proprie radici nella sua nazione. La Chiesa ha sempre promosso il rispetto della persona umana nella sua integrità e nella sua dimensione spirituale, come un elemento essenziale comune a tutte le culture che si esprime nella ricerca personale del sacro e nella pratica religiosa. "Dio è il garante del vero sviluppo dell'uomo, in quanto, avendolo creato a sua immagine, ne fonda altresì la trascendente dignità e ne alimenta il costitutivo anelito ad "essere di più"" (ibidem, n. 29). Vorrei assicurare il popolo giapponese della grande considerazione in cui la Chiesa cattolica tiene il dialogo interreligioso, impegnandovisi fermamente al fine di incoraggiare la fiducia reciproca, la comprensione e l'amicizia, nell'interesse dell'intera famiglia umana.
Infine, Signor Ambasciatore, mi permetta di formularle i miei migliori auguri accompagnati dalla mia preghiera per il successo della sua missione, e di assicurarla che i diversi uffici della Curia Romana saranno pronti ad aiutarla nell'esercizio delle sue funzioni. Su di lei, Eccellenza, sulla sua famiglia e sul nobile popolo del Giappone, invoco di cuore abbondanti Benedizioni di Dio.
(©L'Osservatore Romano - 28 novembre 2010)