"Il bell'ideale della fratellanza, che si ritrova nel motto nazionale di molti Paesi, ha trovato una risonanza minore nello sviluppo del pensiero filosofico rispetto ad altri ideali quali la libertà, l'uguaglianza, il progresso o l'unità". Lo ha detto il Papa ai cinque nuovi ambasciatori presso la Santa Sede che nella mattina di giovedì 16 dicembre hanno presentato le credenziali. Durante l'udienza, svoltasi nella Sala Clementina, il Pontefice ha ricevuto le credenziali da ciascun ambasciatore, alla presenza del cardinale Tarcisio Bertone, segretario di Stato. Con ogni rappresentante ha poi scambiato i testi dei discorsi che tradizionalmente vengono pronunciati durante l'udienza. Infine, rivolgendosi agli ambasciatori, ai loro collaboratori, e ai familiari, ha pronunciato il seguente discorso.
Madame et Messieurs les Ambassadeurs,
Il m'est une joie de vous recevoir ce matin au Palais apostolique pour la présentation des Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de vos pays respectifs auprès du Saint-Siège: le Népal, la Zambie, la Principauté d'Andorre, la République des Seychelles, et le Mali. Vous venez de m'adresser des paroles courtoises de la part de vos Chefs d'Etat respectifs et je vous en remercie. Je vous saurais gré de leur transmettre en retour mes salutations déférentes et mes voeux respectueux pour leurs personnes et pour la haute mission qu'ils accomplissent au service de leur pays et de leur peuple. Par votre intermédiaire, je désire également saluer toutes les autorités civiles et religieuses de vos nations, ainsi que l'ensemble de vos compatriotes. Mes prières et mes pensées vont naturellement aussi aux communautés catholiques présentes dans vos pays. Tout en vivant l'Evangile, elles sont soucieuses d'y témoigner un esprit de collaboration fraternelle.
Je voudrais, Excellences, vous entretenir de la fraternité humaine. Il lui a été fait appel de manière poignante toute cette année pour soulager Haïti, meurtrie d'abord par un tremblement de terre et puis par le choléra. D'autres tragédies ont malheureusement frappé d'autres pays au cours de cette année. Vos pays, la communauté internationale et le monde associatif ont répondu à des appels à l'aide particulièrement urgents, aide qu'il conviendrait naturellement de poursuivre et d'intensifier. Pour sa part, et à travers ses différentes institutions, l'Eglise apporte une contribution multiforme qu'elle prolongera dans le temps.
Le bel idéal de fraternité, qui se trouve dans la devise nationale de nombreux pays, a trouvé dans le développement de la pensée philosophique et politique une résonnance moindre par rapport à celle d'autres idéaux comme la liberté, l'égalité, le progrès ou l'unité. Il s'agit d'un principe demeuré en grande partie lettre morte dans les sociétés politiques modernes et contemporaines, surtout à cause de l'influence exercée par les idéologies individualistes ou collectivistes (cf. Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, n. 390). La fraternité a, comme vous le savez, une signification particulière pour les chrétiens à cause du dessein d'amour fraternel de Dieu, de fraternité donc, révélé par le Christ. D'ailleurs, dans ma dernière encyclique Caritas in veritate, j'ai abordé largement ce thème indispensable pour une harmonieuse cohabitation humaine.
Pour vivre dignement, tout être humain a besoin de respect; il a également besoin que justice lui soit rendue et que ses droits soient concrètement reconnus. Toutefois, ceci ne suffit pas pour mener une vie pleinement humaine: en effet, la personne a aussi besoin de fraternité. Cela est vrai non seulement dans les relations de proximité, mais également à l'échelle de la planète. Or, si le processus de mondialisation en cours rapproche les êtres humains les uns des autres, il n'en fait pas pour autant des frères. Il s'agit là d'une problématique majeure car, comme le relevait mon prédécesseur le Pape Paul vi le sous-développement a pour cause profonde, le manque de fraternité (cf. Populorum progressio, n. 66).
La raison humaine est à même de reconnaître l'égalité de tous les hommes et la nécessité de limiter les disparités excessives entre eux, mais elle s'avère incapable d'instituer la fraternité. Celle-ci est un don surnaturel. Pour sa part, l'Eglise voit la réalisation de la fraternité humaine sur la terre comme une vocation contenue dans le dessein créateur de Dieu dont elle veut devenir, toujours plus fidèlement, l'ouvrière à la fois sur le plan universel et sur le plan local comme elle l'est dans les pays que vous représentez près le Saint-Siège.
Si, en accompagnant la mission spécifiquement spirituelle que le Christ lui a confiée, l'Eglise suscite entre ses disciples une proximité particulière, elle n'en désire pas moins apporter sa contribution, sincère et forte, à la formation d'une communauté plus fraternelle entre tous les êtres humains. C'est pourquoi elle s'interdit d'agir à la manière d'un lobby, soucieux de ses seuls intérêts, mais elle oeuvre, sous le regard de Celui qui est le Créateur de tous les hommes, en voulant honorer la dignité de tout un chacun. Elle s'efforce donc de mettre l'amour et la paix à la base des multiples liens humains qui relient les personnes les unes aux autres, comme Dieu l'a voulu dans sa sagesse créatrice.
Dans la vie quotidienne, la fraternité trouve une expression concrète dans la gratuité et le respect. Ceux-ci sont appelés à se manifester dans tous les espaces de l'activité humaine, y compris l'activité économique. L'identité profonde de l'homme, son être-en-relation, s'exprime aussi dans son activité économique qui est l'un des terrains de majeure coopération entre les hommes. A travers ma dernière Encyclique, j'ai souhaité mettre en évidence le fait que l'économie est un lieu où le don est lui aussi possible et même nécessaire (cf. Caritas in veritate, nn. 34-39).
Toute forme de don est, en définitive, un signe de la présence de Dieu, car il conduit à la découverte fondamentale qu'à l'origine, tout est donné. Une telle prise de conscience ne rend pas les conquêtes de l'homme moins belles, mais elle le libère de la première de toutes les servitudes, celle de vouloir se créer soi-même. Au contraire, dans la reconnaissance de ce qui lui est donné, l'homme peut s'ouvrir à l'action de la grâce et comprendre qu'il est appelé à se développer, non contre ou à côté des autres, mais avec et en communion avec eux.
Néanmoins, si la fraternité vécue entre les hommes peut trouver un écho positif sur le plan de l'"efficacité sociale", il ne faut pas oublier qu'elle ne constitue pas un moyen, mais qu'elle est une fin en elle-même (cf. Caritas in veritate, n. 20). L'Eglise croit au Christ qui nous révèle que Dieu est amour (cf. Jn 4, 8). Elle est aussi convaincue que pour tous ceux qui croient en la charité divine, Dieu apporte la certitude que "la voie de l'amour est ouverte à tous les hommes et que l'effort qui tend à instaurer une fraternité universelle n'est pas vain" (Gaudium et spes, 38).
Comme diplomates, vous vous intéressez, sans aucun doute, de façon particulière aux différents aspects de la vie politico-sociale que je viens de développer. Durant votre mission auprès du Siège Apostolique, vous aurez la possibilité, Excellences, de découvrir plus directement les actions et les préoccupations de l'Eglise sur tous les continents. Vous trouverez auprès de mes collaborateurs une attention courtoise. Sur vous-mêmes, sur vos familles, sur les membres de vos Missions diplomatiques et sur toutes les nations que vous représentez, j'invoque l'abondance des Bénédictions divines.
Questa è una nostra traduzione del discorso del Pontefice.
Signora e Signori Ambasciatori,
È per me una gioia ricevervi questa mattina nel Palazzo Apostolico per la presentazione delle Lettere che vi accreditano come Ambasciatori straordinari e plenipotenziari dei vostri rispettivi Paesi presso la Santa Sede: il Nepal, lo Zambia, il Principato di Andorra, la Repubblica delle Seychelles e il Mali. Mi avete appena rivolto cordiali parole da parte dei vostri rispettivi Capi di Stato e vi ringrazio per questo. Vi sarei grato se in cambio poteste trasmettere loro i miei deferenti saluti e i miei voti rispettosi per la loro persona e per l'alta missione che svolgono al servizio del loro Paese e del loro popolo. Attraverso di voi desidero salutare anche tutte le autorità civili e religiose delle vostre nazioni, come pure tutti i vostri concittadini. Le mie preghiere e i miei pensieri vanno naturalmente anche alle comunità cattoliche presenti nei vostri Paesi. Vivendo il Vangelo, si preoccupano di testimoniare uno spirito di collaborazione fraterna.
Vorrei, Eccellenze, parlarvi della fratellanza umana. Si è fatto appello a essa in modo accorato durante tutto l'anno per assistere Haiti, martoriata prima da un terremoto e poi dal colera. Altre tragedie, purtroppo, hanno colpito altri Paesi nel corso dell'anno. I vostri Paesi, la comunità internazionale e il mondo associativo hanno risposto a richieste d'aiuto particolarmente urgenti, aiuto che naturalmente sarebbe bene proseguire e intensificare. Da parte sua, e attraverso le sue diverse istituzioni, la Chiesa dà un contributo multiforme che prolungherà nel tempo.
Il bell'ideale della fratellanza, che si ritrova nel motto nazionale di molti Paesi, ha trovato una risonanza minore nello sviluppo del pensiero filosofico rispetto ad altri ideali quali la libertà, l'uguaglianza, il progresso o l'unità. Si tratta di un principio che in gran parte è rimasto lettera morta nelle società politiche moderne e contemporanee, soprattutto a causa dell'influenza esercitata dalle ideologie individualistiche e collettivistiche (cfr. Compendio della Dottrina sociale della Chiesa, n. 390). La fratellanza ha, come sapete, un significato particolare per i cristiani a causa del disegno di amore fraterno di Dio, di fratellanza quindi, rivelato da Cristo. D'altronde, nella mia ultima Enciclica Caritas in veritate, ho abbondantemente affrontato questo tema indispensabile per una coabitazione umana armoniosa.
Per vivere degnamente, ogni essere umano ha bisogno di rispetto; ha anche bisogno che gli sia resa giustizia e che i suoi diritti vengano riconosciuti in modo concreto. Tuttavia, ciò non basta per condurre una vita pienamente umana: di fatto, la persona ha bisogno anche di fratellanza. Ciò è vero non solo nelle relazioni di prossimità, ma anche su scala planetaria. Ora, se il processo di globalizzazione in atto avvicina gli esseri umani gli uni agli altri, non ne fa per questo dei fratelli. Si tratta qui di una problematica più ampia, poiché, come osservava il mio predecessore Papa Paolo vi, il sottosviluppo ha come causa profonda la mancanza di fraternità (cfr. Populorum progressio, n. 66).
La ragione umana è in grado di riconoscere l'uguaglianza di tutti gli uomini e la necessità di limitare le disparità eccessive tra loro, ma si dimostra incapace di istituire la fratellanza. Questa è un dono soprannaturale. Da parte sua, la Chiesa vede la realizzazione della fratellanza umana in terra come una vocazione contenuta nel disegno creatore di Dio, del quale vuole diventare, sempre più fedelmente, operaia sul piano sia universale sia locale, così come lo è nei Paesi che voi rappresentate presso la Santa Sede.
Se la Chiesa, svolgendo la missione specificamente spirituale che Cristo le ha affidato, suscita tra i suoi discepoli una vicinanza particolare, ella nondimeno desidera dare il suo contributo, sincero e forte, alla formazione di una comunità più fraterna tra tutti gli esseri umani. È per questo che impedisce a sé stessa d'agire come una lobby, preoccupata solo dei propri interessi, ma opera, sotto lo sguardo di Colui che è il Creatore di tutti gli uomini, volendo onorare la dignità di tutti. Si sforza quindi di porre l'amore e la pace alla base dei molteplici legami umani che uniscono le persone le une alle altre, come ha voluto Dio nella sua sapienza creatrice.
Nella vita quotidiana, la fratellanza trova un'espressione concreta nella gratuità e nel rispetto. Questi sono chiamati a manifestarsi in tutti gli ambiti dell'attività umana, compresa quella economica. L'identità profonda dell'uomo, il suo essere in relazione, si esprime anche nella sua attività economica, che è uno dei campi di maggiore cooperazione tra gli uomini. Attraverso la mia ultima Enciclica ho voluto mettere in evidenza il fatto che l'economia è un luogo in cui anche il dono è possibile e perfino necessario (cfr. Caritas in veritate, n. 34-39)
Ogni forma di dono è, in definitiva, un segno della presenza di Dio, poiché conduce alla scoperta fondamentale che in origine tutto è donato. Una tale presa di coscienza non rende le conquiste dell'uomo meno belle, ma le libera dalla prima di tutte le schiavitù, quella di volersi creare da soli. Al contrario, riconoscendo ciò che gli viene donato, l'uomo può aprirsi all'azione della grazia e comprendere che è chiamato a svilupparsi, non contro o accanto agli altri, ma con e in comunione con loro.
Nondimeno, se la fratellanza vissuta tra gli uomini può trovare un'eco positiva sul piano della "efficacia sociale", non bisogna dimenticare che essa non costituisce un mezzo, ma che è un fine in se stessa (cfr. Caritas in veritate, n. 20). La Chiesa crede in Cristo che ci rivela che Dio è amore (cfr. Gv 4, 8). È inoltre convinta che, a tutti coloro che credono nella carità divina, Dio dà la certezza che "la strada della carità è aperta a tutti gli uomini e che gli sforzi intesi a realizzare la fraternità universale non sono vani" (Gaudium et spes, n. 38).
Come diplomatici, senza alcun dubbio vi interessate in modo particolare ai differenti aspetti della vita politico-sociale che ho appena trattato. Durante la vostra missione presso la Sede Apostolica avrete la possibilità, Eccellenze, di scoprire più direttamente le azioni e le preoccupazioni della Chiesa in tutti i continenti. Troverete presso i miei collaboratori una cortese attenzione. Su di voi, sulle vostre famiglie, sui membri delle vostre Missioni diplomatiche e su tutte le nazioni che rappresentate invoco l'abbondanza delle Benedizioni divine.
(©L'Osservatore Romano - 17 dicembre 2010)